mardi 27 décembre 2016

Worldwide Airlines - Flight009: Destination Vlad (Radio Krimi)


Worldwide Airlines c'est le show mensuel de Free&Legal sur les ondes hautes perchées (elle est basée à Chamonix) de Radio Krimi où la musique nous fait voyager, avec plus ou moins de turbulences, aux quatre coins du globe. Plus ou moins chaque dernier dimanche du mois sur radiokrimi.com.

Pour ce dernier épisode de l'année 2016 on a décidé de vous parler d'un de ces labels qu'on suit assidûment mais auquel on n'a pas accordé jusqu'ici la place qu'il méritait sur ce blog: VLAD! Depuis le port de Saint-Nazaire, Romain Pierre et ses "Vladistes" s'offrent aux quatre vents de la globalisation des beats, pour une musique métissée qui fout en l'air les étiquettes du genre et de l'origine.

Le mix:


L'interview de Romain Pierre, boss de VLAD:

Vlad-onymes!

- Tout d’abord vous êtes qui, vous êtes où, vous faites quoi, depuis quand ?
Nous sommes un label et éditeur indépendant de ghetto folk, historiquement basé à Saint-Herblain (44) mais avec des artistes d'un peu partout, de Toulouse à Rennes, en passant par la région Parisienne, le Nord, mais aussi la Hongrie et la Serbie.

- Vlad pour Vladivostok, mais encore ?
Oui, le nom du label vient tout simplement du nom du groupe de punk Vladivostok qui a été à l'origine de sa création vers 2006.


Vlad...

- Et ce petit personnage qui vous sert de logo, c’est quoi ?
Il est tiré du troisième album de Vladivostok (Carnaval Illégal, 2009) et est signé FlexibleGraphisme.

- Musique du monde, global beats, ghetto folk… c’est quel genre la musique de Vlad ?
Au début, on était un label de punk ; puis on a découvert les boîtes à rythmes, puis on a fini par réussir à sortir de notre trou et à voyager un peu. Le terme ghetto folk est à prendre dans les deux sens : 1) musique du monde bricolée et global beats, 2) folklore du ghetto et culture périurbaine.
Un blog dédié (ghettofolk.com) est en train de se monter pour développer ces thèmes.

- En tout cas ce n’est pas de la musique industrielle, c’est ça ?
Non, nous sommes des artisans, et si la musique que nous faisons ne nous faisait pas vivre, nous la ferions quand même. C'est toute la différence. Nous avons souvent l'occasion d'expliquer ce que nous appelons musique industrielle en décryptant l'actualité des musiques actuelles, les évolutions de la législation sur les droits d'auteur dans le cadre de la révolution numérique, ou encore le positionnement des GAFA sur notre secteur.

- Peut-on vous considérer comme des militants de la musique ?
En toute humilité, nous essayons de défendre notre posture et de faire entendre une autre façon de faire de la musique. Ce qui est déjà beaucoup car lorsqu'on débute dans le milieu, le réflexe est de faire comme les stars. La plupart du temps, cette méthode mène à de la frustration. Nous proposons simplement d'expliquer comment nous faisons les choses ; libre à chacun de se positionner en fonction de ses idéaux, ses rêves, ses moyens.

Astiqueur de bombes cuivrées


- Vous les dénichez où les artistes que vous signez ?
Au début, nous allions chercher les artistes nous-mêmes, en essayant de leur proposer des solutions de distribution, des deals de prods ou même de simples échanges de dates. Depuis quelques temps, nous avons déjà beaucoup de travail avec les demandes spontanées que nous recevons et les nouvelles sorties d'artistes avec lesquels nous avons déjà travaillé.

- La signature dont vous êtes le plus fiers ?
Nous produisons actuellement le premier album du quatuor tzigano-rital Aälma Dili. En plus d'être de super musiciens, ce sont des amis, et c'est notre plus gros engagement à ce jour envers un groupe, aussi bien en terme de durée (plus de cinq ans) que d'investissement financier.


Aalma Dili > Rihanna

- Vos souhaits de signatures les plus fous ?
On n'a pas trop l'habitude de signer des noms, il faudrait pouvoir écouter d'abord. Si tu me proposes de signer un album pourri de Rihanna, je prends pas. Si tu me proposes un super album d'un mec qui a 13 likes sur FB, je prends.

- Quel rapport entretenez-vous avec le « free download » ?
A chaque release, nous offrons un ou deux titres pour ceux qui n'ont pas envie de payer pour notre musique. Ce n'est pas tellement une posture militante : après tout nous sommes un label, notre but est tout de même de proposer de la bonne musique et si possible d'essayer de faire rentrer un peu d'argent pour ne pas être contraints de prendre un travail alimentaire à côté de nos activités musicales - ce qui les limiterait drastiquement, nous avons pu le vérifier pendant des années.
  
Parfois, le plus fervents défenseurs du tout-gratuit sont les artistes industriels. Ils sont tellement super-connus car super-diffusés qu'ils ont tout à gagner dans une logique de gratuité. Les gens finissent par oublier qu'il y a autre chose que Coldplay et Kendji Girac dans la vie. Mais pour des artistes auto-diffusés comme nous, ce n'est pas forcément le meilleur calcul. D'ailleurs, une bonne partie de notre public est tout à fait disposée à nous donner 3 ou 4€ de temps en temps.

Certains jours, je me dis qu'on devrait tout mettre en free download. D'autres jours je me dis qu'on devrait ne rien mettre en free et réserver nos sorties à un club restreint de gens contre une adhésion à 20€ par an.

- Vous conseillez dans l’un des billets de votre blog de ne pas offrir de disque du label à quelqu’un qui ne vous aurait pas vu sur scène. Vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
C'était un article un peu troll en période de Noël: c'est toujours difficile d'offrir un disque (ou tout autre bien culturel) à quelqu'un, sauf quand on est certain des goûts du destinataire. Notre musique à nous est assez typée, l'offrir à quelqu'un comme ça de manière abrupte peut surprendre. A l'inverse, vous ne risquez pas grand-chose en offrant l'album de Stromae ou le dernier Marc Lévy, car ce sont des biens culturels industriels, donc conçus pour plaire au plus grand nombre.


Les Pères Noëls sont des ordures!

- Quel est votre plan secret pour partir à la conquête du monde et avoir le gros stand au WoMex ?
Je vais livrer ici quelques secrets industriels. Nous avons financé le lancement du label et les premières signatures uniquement avec l'argent des concerts des artistes à l'origine de l'aventure. Depuis 2012, nous sommes éditeur, ce qui implique que nous percevons des droits de la part de la Sacem pour notre travail d'accompagnement, de management et de pré-production autour des artistes. La prochaine étape est de parvenir à produire d'autres albums aussi ambitieux que celui d'Aälma Dili dont j'ai parlé plus haut, et ainsi de demander des subventions aux sociétés civiles partenaires (Sacem, SPPF, FCM, ADAMI...).
Il y a 10 ans, nous étions très fiers de ne pas percevoir de subventions publiques. Cela nous garantissait une indépendance artistique et une liberté de mouvement. C'est très concret : un de nos partenaires publics nous a récemment retiré son soutien au prétexte que nous ne travaillions pas suffisamment avec les artistes locaux. Et effectivement, au fil des ans, nous nous sommes trouvés plus d'amis à Paris, Lille ou Budapest que dans notre région d'origine.
Aujourd'hui, nous avons un objectif extrêmement audacieux, puisque nous voulons nous introduire dans les playlists FM, les médias spécialisés, les gros blogs prescripteurs. Et nous n'y parviendrons pas tous seuls.
Et pour avoir un gros stand au Womex, il suffit de se cotiser pour arriver à sortir 1000 euros.

Vlad est passé par ici, il repassera par là!





- Des nouveautés à annoncer pour 2017 ? 
Côté bizness, nous travaillons sur une offre artisanale de production de vinyles d'ici à l'été. Nous avons également lancé une association de préfiguration autour de la formulation d'une offre de data mining appliquée aux industries culturelles et créatives: assomicroscope.eu. Rejoignez-nous si vous avez des compétences data à mettre au service de la création.


Côté musique, les premiers albums d'Aälma Dili, Asa-i-Viata, EZPZ, La Dinamitaaa, Kontrol Teknik, mais aussi le troisième album de Tactical Groove Orbit, et pleins de nouveaux venus: Baltic Balkan (Lituanie), Will Villa (Colombie), Dragos Ivancea (Roumanie), Kosta Kostov (Bulgarie)...

Sampleur et sans reproche!

La playlist:
001. Boris Viande - Acestea Vor Doza-Saz Club Remix
002. Sauvage FM x Buraka Som Sistema - Zouk Flute - Cumbia Cover
003. Boris Viande - Viens dans la piscine
004. Slobodan Experiment - Hora Di Petrosnitza
005. Flying Pooh - Meecztow Revolution (Boris Viande Eastern Zouk Cover)
006. Kosta Kostov - Svetlinata feat. Katya T. (Boris Viande Surf Remix)
007. Soviet Suprem - Turbo Tito (Boris Viande Moombahton Remix)
008. Gypsetters - C'est comme ça (Les Rita Mitsouko Cover)
009. Slobodan Experiment - MB100 Kolo
010. Aälma Dili - Ciuleandra
011. Kosta Kostov - Hasrat feat. Manushan (Cayetano Remix)
012. Kosta Kostov - Hasrat feat. Manushan (SuPerPendeJoS Remix)
013. Sauvage FM & Szam Varadino - Cumbia Tierrabomba
014. Ferro Gaita - Kultura Nos Terra (Sauvage FM Zouk Bass Remix)
015. Alek et Les Japonaises - Tarjeta de Fidelizacion
016. Otava Yo - Kamarinskaia (Boris Viande Celtic Remix)
017. Marabout Orkestra - L'Affreux Beat
018. Slobodan Experiment - Alunelul (Boris Viande Swing Remix)
019. Sidi Wacho - Con Sabor
020. Sauvage FM - Gnawaxinha
021. Sauvage FM x Shaggy x Doctor P - BoombaSick
022. Vladivostok - Vraiment pas sympa



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire