samedi 5 novembre 2016

ZicLessons by D.O.M - S01E04: Les champs du Blues


D.O.M, c'est un collègue. Il est tellement fou de musique qu'il s'en engagé dans le sacerdoce de la transmission de son savoir auprès de petites têtes blondes, rousses ou brunes qui ont parfois d'autres idées derrière la tête et d'autres codes dans les oreilles...et pourtant, ils ressortent d'une expérience de 4 ans, à raison d'une heure par semaine, transformés par la découverte de Pendericki mashupé avec une scène de Gen d'Hiroshima, des subtilités de la musique répétitive de Steve Reich à travers une pub TicTac (tu craques) ou la reconstruction du mythe de la Marseillaise via Rocé... sans oublier les interventions de beatboxer, de dj conférencier, l'orchestre du collège, la chorale, j'en passe et des meilleurs! Cette passion, DOM a décidé de la partager avec vous dans une série de courts cours sur les grandes et petites histoires de la musique...

ZICLESSONS
SAISON 1: LE BLUES
ÉPISODE 4: Les champs du Blues

Previously in ZicLessons: les heures les plus sombres semblent passées avec l'abolition de l'esclavage mais les Noirs américains notamment dans les campagnes du Sud ont bien des motifs de complainte...



L'émancipation favorise l'isolement de l'homme noir qui doit cultiver son lopin de terre pour lui et sa famille, à l'inverse des grandes plantations et où les nombreux esclaves chantaient en chœur. En effet pour l'homme noir, c'est aussi la première fois qu'il a du temps à consacrer au loisir après une journée de labeur ; le chant devient alors plus individuel: chaque homme développe sa propre façon de « crier » et ses propres sujets de chanson qui s'inspire des épreuves et réussites personnelles, conceptions de la société occidentale qui ne pouvaient se manifester que dans la musique de Noirs devenus américains.


Le blues, s'inspirant des ballades anglaises à 8, 10 ou 16 mesures, va se structurer pour donner une forme AAB en 12 mesures, mais les façons de chanter sont propres à chaque interprète: Peetie Wheatstraw ou Blind Willie Johnson ont un timbre et un style parfaitement identifiables (écoutez ci-dessous). Les premiers blues primitifs ou campagnards, entièrement en américain pour être compris, se voit progressivement accompagnés par l'instrument le plus répandu à l'époque: la guitare.



On est encore loin de l'idée d'un blues entièrement instrumental, mais l'accompagnement de l'instrument va vite s'imposer dans le blues primitif ou campagnard. La guitare permettra aux Noirs de jouer les accords simples de ce blues. Pourquoi la guitare? On peut en jouer tout en chantant, elle ressemble au banjo, instrument d'origine africaine et elle peut imiter la voix humaine. La voix, justement, reste l'instrument prédominant: même pendant les breaks, la voix est présente. Le blues allait, de nouveau, s'adapter aux possibilités de l'instrument, tout en lui demandant d'imiter la voix humaine. La maîtrise des instruments par les Noirs, notamment les instruments à vent dans les Fanfares de la Nouvelle-Orléans, transforme progressivement le blues en supprimant le chant et c'est ainsi que le jazz apparaitra: le jazz ne serait-il que du blues instrumental?


Cette nouvelle forme du blues va se répandre grâce aux ouvriers agricoles qui se mirent à parcourir tout le Sud. En effet, le Noir, devenu libre, a besoin d'argent et a de plus en plus de mal à trouver du travail, il traîne donc son âme à la recherche d'un p'tit boulot, errance qui alimentera les paroles de son blues. Adaptation ou assimilation des Noirs à ce modèle de liberté made in USA, le rappel permanent de la négritude a permis leur culture de rester un magnifique métissage d'influences. 


D.O.M

A suivre...

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