vendredi 21 octobre 2016

ZicLessons by D.O.M - S01E03: Quand le Blues fit Sécession


D.O.M, c'est un collègue. Il est tellement fou de musique qu'il s'en engagé dans le sacerdoce de la transmission de son savoir auprès de petites têtes blondes, rousses ou brunes qui ont parfois d'autres idées derrière la tête et d'autres codes dans les oreilles...et pourtant, ils ressortent d'une expérience de 4 ans, à raison d'une heure par semaine, transformés par la découverte de Pendericki mashupé avec une scène de Gen d'Hiroshima, des subtilités de la musique répétitive de Steve Reich à travers une pub TicTac (tu craques) ou la reconstruction du mythe de la Marseillaise via Rocé... sans oublier les interventions de beatboxer, de dj conférencier, l'orchestre du collège, la chorale, j'en passe et des meilleurs! Cette passion, DOM a décidé de la partager avec vous dans une série de courts cours sur les grandes et petites histoires de la musique...

ZICLESSONS
SAISON 1: LE BLUES
ÉPISODE 3: Quand le Blues fit Sécession

Previously in ZicLessons: après nous avoir appris que le Blues n'était pas une musique seulement africaine et être revenu sur les héritages néanmoins existants dans la musique américaine, D.O.M. va nous parler d'un moment-clé dans la naissance du Blues, la guerre de Sécession!

Nimrod Burke, 23è Régiment d'Infanterie Coloré des Etats-Unis
 
Cette musique noire américaine n'est pas simplement la conséquence d'un phénomène social lié à l'esclavage. C'est avant tout, l'expression d'une forme poétique et une façon de créer de la musique. Le blues est un genre musical où la voix humaine est la mieux imitée, où la voix peut aborder des notes inconnues dans une échelle de gamme tempérée.



L’Émancipation, à partir de 1865 (guerre de Sécession), a eu pour conséquence d'une part la dispersion de la population noire vers les grandes villes de l'Est (New York, Boston, Philadelphie) laissant peu de place au Noir dans la société américaine et d'autre part le maintien des Noirs dans les États du Sud subissant la ségrégation raciale dès 1876 (un programme qui faisait du Noir un bouc émissaire par la terreur – apparition de groupes blancs comme le Ku Klux Klan). Les work-songs collectifs laissent place aux chants des cultivateurs solitaires : les hollers.



Les lois raciales "Jim Crow" (terme péjoratif, tiré de la chanson de 1828 Jump Jim Crow qui narrait les tribulations d'un noir du Sud profond, rapidement utilisé pour désigner les Afro-américains) à partir de 1901 eurent pour effet d'isoler davantage le Noir du reste de la société: en fait, après l'abolition de l'esclavage, le Noir n'avait plus de place dans la société, contrairement à la place d'esclave qu'il occupait auprès de ses maîtres. Par ailleurs, se développent alors des Églises noires où les prêcheurs délivrent leurs messages religieux.

Le seul moyen pour le Noir d'exister est de se perdre, se fondre dans la culture et l'organisation sociale de son ex-maître au nom de l'assimilation et du progrès. Se retrouvant à l'écart du reste de la société américaine, sa musique va perdre les références empruntées aux Blancs, c'est alors que les formes du blues vont faire leur apparition.



La guerre de Sécession aurait-elle alors joué un rôle dans le naissance du blues primitif? Cette nouvelle situation et la politique ségrégationniste verront émerger une culture négro-américaine: le blues du Delta du Mississippi émotionnellement puissant et poignant (écoutez Charlie Patton ou Son House) avec l’emploi du bottleneck qui renforce la force expressive de la voix (chez Tommy Johnson ou Robert Johnson par exemple). 

 
D.O.M

A suivre...

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