dimanche 18 septembre 2016

ZicLessons by D.O.M - S01E01: T'es sûr qu'il vient de là le blues?


D.O.M, c'est un collègue. Il est tellement fou de musique qu'il s'en engagé dans le sacerdoce de la transmission de son savoir auprès de petites têtes blondes, rousses ou brunes qui ont parfois d'autres idées derrière la tête et d'autres codes dans les oreilles...et pourtant, ils ressortent d'une expérience de 4 ans, à raison d'une heure par semaine, transformés par la découverte de Pendericki mashupé avec une scène de Gen d'Hiroshima, des subtilités de la musique répétitive de Steve Reich à travers une pub TicTac (tu craques) ou la reconstruction du mythe de la Marseillaise via Rocé... sans oublier les interventions de beatboxer, de dj conférencier, l'orchestre du collège, la chorale, j'en passe et des meilleurs! Cette passion, DOM a décidé de la partager avec vous dans une série de courts cours sur les grandes et petites histoires de la musique...

ZICLESSONS
SAISON 1: LE BLUES
ÉPISODE 1: T'es sûr qu'il vient de là le blues? (introduction)

The Old Plantation, Anonyme, 1780's
Le blues, musique dont de nombreux chanteurs, musiciens revendiquent l'héritage: musique du peuple, du cœur, de la souffrance, des cris, de révolte, de lutte, musique de libération, de joie, d'amour, musique à la fois ancrée dans l'histoire des Hommes et moderne, en constante évolution dans la société qui l'adopte …

Ne peut-on pas faire plus complet pour rassembler tous les mélomanes?

Quand j'aborde le blues et ses origines, le raccourci facile est d'affilier le blues à la musique africaine. Or le début du blues correspond au début du Noir américain et non du Noir africain et esclave. Quand l'esclave Noir est, en effet, arrivé sur les côtes américaines, pour lui, tout était étranger, inconnu: la langue, les us et coutumes. On est très loin de la structure blues en 3 phrases AAB sur 12 mesures!

The Banjo Lesson, Henry Ossawa Tanner, 1893
Pour parler de blues, il faut accepter le phénomène d'acculturation : en effet les esclaves nés en Amérique n'ont connu l'Afrique qu'à travers les histoires de leurs parents et ne pouvaient qu'être influencés par les mœurs des blancs. L'Afrique ne peut devenir alors qu'étrangère.

Il en va de même pour la musique rituelle d'Afrique de l'ouest, qui perd sa raison d'être dans ce Nouveau Monde au contact de la société «euro-américaine», mais qui va néanmoins servir de lien entre la musique africaine et celle développée au contact de cette société blanche. Les chants de travail, traditionnels dans la culture africaine, vont prendre alors un caractère particulier en s'inspirant des références culturelles des nouveaux maîtres : le work-song. Qui ne se souvient pas de la séquence d'ouverture du film O'brother des Frères Coen?



Aussi, en 1865, au moment de l’Émancipation des Noirs, ils n'étaient plus africains, mais américains, nés en Amérique.

Poster américain, 1863
Le Noir américain est par conséquent le fruit du métissage entre éléments traditionnels africains, en Amérique, et le poids de la civilisation adoptive.

Que serait le blues si les captifs africains n'étaient pas devenus des captifs américains ?

The Celebrated Negro Melodies, The Virginia Minstrels, 1843
Les enfants des premiers esclaves commencent à prendre l'Amérique comme modèle. Jusqu'au XIXème siècle, on entend les tams tams du Congo à la Nouvelle Orléans, mais des mutations s'imposent avec les références culturelles du Nouveau Monde comme la modification des paroles en ajoutant des mots étrangers, français, espagnol et anglais. 

D.O.M

A suivre...

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