mardi 16 février 2016

Francky Vincent - Fierté (Judah Warsky Edit) Limited free download!!!


Quelle fierté! Judah Warsky, petit génie de la nouvelle scène francophone alternative et créative (essayez de résister à la maligne malice de Bruxelles signé sur Pan European Recording), nous fait l'immense honneur de nous autoriser à héberger en free download (limité à 100 exemplaires seulement), sur notre compte Soundcloud, l'un des edit les plus chauds qui soit d'un des chanteurs les plus shows qui soit (déjà playlisté il y a presque 2 ans dans un #onceamonth). Francky Vincent débarque sur le blog, parce que c'est toujours très chic de visiter les Antilles en hiver! Si tu es pressé jette-toi sur le son, sinon appuie sur play et laisse nous te compter brièvement l'histoire du Doc Porno à côté de qui Rocco Siffredi est un p'tit zizi!



Quand on évoque Francky Vincent aujourd'hui on pense d'abord, le plus souvent, à la session antillaise de la fête à Neuneu (ou toute autre fête de famille) avec "Alice", "Fruit de la passion" et "Qui veut mon zizi" coincés entre Zouk Machine et la Compagnie Créole. Dans le meilleur des cas, les critiques les plus dithyrambiques évoqueront une sorte Patrick Sébastien de la Caraïbe, un Jean-Marie Bigard de la chanson, un héritier de la grivoiserie francophone (si vous voulez j'ai des vinyles de Chansons à boire à vendre, à condition que vous y mettiez le prix). Rien de bien reluisant en somme et Francky semble, la soixantaine sonnante, davantage relever de la has-beenerie et autres joyeusetés de la déchéances de la célébrité, que du monument patrimonial.

Voilà, voilà...

Et pourtant... Francky ce n'est pas n'importe qui dans l'histoire de la musique caribéenne en général et du zouk en particulier. Il fait en effet partie des précurseurs de ce genre qui va inonder l'Europe dans les années 80 et 90 (Francky Vincent explose les chartes en 1994 seulement!) grâce à l'émergence de l'électronique dans les productions, peut être plus pour le pire que pour le meilleur. En effet, la métropole n'a connu que la partie émergée de l'iceberg et il fallait être un sacré aventurier à l'époque pour aller fouiner dans les bacs de Basse-Terre ou  de Fort-de-France pour dénicher les perles des Antilles qui font le bonheur aujourd'hui des rééditeurs de tout poil et deviner que finalement le zouk c'est la kadans (ou cadence) et que la kadans c'est en fait une meringue comme sa rivale la kompa (avec ou sans -s-) et que tous ces rythmes, aussi festifs qu'ensoleillés, viennent bien souvent d'Haïti. C'est dans ce joyeux mélange des sous-genres qu'apparaît le jeune Francky, tombeur en chef de ses dames des deux côtés de la Rivière Salée, en tant que percussionniste d'un petit groupe de quartier Tabou n°2, au milieu des années 70's. Ce n'est qu'après son service militaire et son retour en tant que leader vocal du groupe que sortent ses premiers véritables succès sur disques avec le Retour en Force (1978) de Tabou n°2, aux sonorités et à l'esthétique magnifiques, syncrétisme des musiques caribéennes saupoudré de gros funk US (via les radios locales îliennes anglophones comme Sainte-Lucie), et dont est extrait "Fierté". C'est le début de la gloire, d'abord auprès d'un des papes de la musique antillaise, Pierre-Edouard Décimus et de ses Vikings de la Guadeloupe, avant de s'envoler de ses propres ailes de perroquet en rut à l'orée des années 80...mais déjà il est entré dans le cercle vicieux de la pornographie du phonographe et Francky n'en aura plus fini de montrer le bout de son bout...Ce qui lui vaudra les foudres de la censure (interdiction d'antenne dans les années 1980) et des grands-parents qui ne veulent pas que leurs chères petites têtes brunes (dédicace à toi mon Willy) aient les oreilles souillées par les paroles ultras chaudes du Doc Porno aka Le Zoukeur X ; il faut dire qu'avec des punchlines aussi délicates que "Je voudrais mettre mon gros micro dans ta sono" (merci Véro) le Francky il cherchait un peu!



La sélection ci-dessus nous fait vraiment nous interroger sur une industrie du disque qui ne semble pas vouloir utiliser tous les trésors dont elle dispose: à quand des rééditions de qualité de ces trésors de la culture franco-caribéenne?!? Comment passer à côté de cette musique addictive, chaleureuse, dansante, sensuelle, métissée et très dans l'air du temps si l'on observe le nombre de rééditions world rare groove qui inonde les bacs voire l'influence caribéenne sur quelques hits du moment (Souleance, Voilaaa, The Soul Jazz Orchestra). Alors on fait quoi? On laisse les Ricains, les Rosbeefs ou les Allemands s'emparer du truc ou un label français se transforme en Montebourg de la kadans made in France? D'ici là on vous conseille de les chasser à bon prix sur Discogs! Encore merci Judah Warsky pour ce moment de bonheur auditif!

 J'ai craqué pour les craquements, en cadence...

3 commentaires:

  1. C'est moi qui vous remercie pour ce texte instructif, et avec lequel je suis en accord total.
    Bisous,
    Judah

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  2. Merci pour ces mots gentils ! Bisous aussi

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  3. Merci pour ces mots gentils ! Bisous aussi

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