vendredi 24 avril 2015

Nomade Orquestra


Des joies du virtual diggin' ou comment tomber presque par hasard sur ce qui s'annonce pour nous comme l'un des albums de l'année! Tout commence par un clics sur une sélection du site Sounds & Colours proposant l'alléchante offre de 10 albums sudam en free download ; plusieurs pépites s'y cachent (on vous reparlera plus tard d'Atlantico Negro par exemple) mais d'emblée, une description aussi brève qu'efficace attire notre attention: "Stunning jazz from this São Paulo big band whose influences range from afrobeat to dub and hip-hop to Ethiojazz, and whose sound will appeal to anyone who digs The Budos Band" C'est sur ces belles références qu'on se rue sur le lien pour découvrir cet album...



Les premières notes récompensent tout de suite notre curiosité...on baigne dans le jazz! Samuraï, le premier titre, démarre tranquillement dans la tradition d'un jazz soul spirituel, puis les remous qui secouent tout l'album (1h18 de son!) se mettent en action... on sait alors, dès la première minute, qu'on ne va pas s'ennuyer avec eux! Comme on a beaucoup choses à écouter et pas forcément beaucoup de temps pour le faire, on passe en mode zapping, qui s'arrête dès le 3ème morceau, le sublime Belem, qui fait entrer Nomade Orquestra dans la cour des grands! Avec son incantation introductive (et conclusive) digne des grands maîtres de la bossa-nova (qui nous fera par la suite regretter qu'il n'y ait pas un peu plus de chant sur l'album), sa ligne de cuivres qui nous rappelle la version du thème de Rocky repris par le Menahan Street Band et des envolées à faire pâlir Trombone Shorty, bref, et arrêtons là le name-dropping, une bombe groove qui s'inscrit dans notre panthéon perso, pour longtemps. Je vous laisse juge:



Tous les titres ont une couleur particulière et nous transportent dans un monde sans véritables frontières, d’État ou de genres musicaux, où le groove est roi et l'expérimentation reine. Le groupe défini lui-même son style par le néologisme accumulatoire de jazzfunkpsychedelichiphoprock qui leur va à merveille, tant l'utilisation de scratchs ou de solos de guitare métalleux s'accordent parfaitement à une structure jazz plus classique...si on était tatillon on ajouterait également l'éthioduboriental à l'ambiance générale. Sur Nova, odyssée de près de 12 minutes, on croise à peu prêt toutes les références de cette bande de meltingpotes qui parvient à unifier les influences diverses et variées des 11 lascars venus d'horizons très qui la composent depuis le début de l'aventure en 2012. Des notes bleues, jaunes, vertes, aux couleurs du drapeau brésilien évidemment, mais aussi rouge ou noires et tout ce que voulez d'autre,qui nous transportent tantôt dans une rue embouteillée d'une mégapole, tantôt chez un chaman amazonien, tantôt on ne sait où mais ailleurs... ce morceau révèle la richesse de Nomade Orquestra et sa capacité à nous faire voyager.



On ne va pas vous embêter à décortiquer tous les titres (on finirait par vous ennuyer et re-tomber dans le piège du name-dropping...quelqu'un a dit Badbadnotgood?) mais vous inviter à télécharger cet album (directement sur le site de Nomade Orquestra, gratuitement et légalement comme le veut la coutume maison) et à le partager le plus possible autour de vous si le cœur vous en dit et si vous souhaitez un jour voir cet album sur vos platines... En effet, si les artistes brésiliens sont souvent généreux, ils peinent encore à distribuer leurs productions hors de leurs frontières...on me dit cependant dans l'oreillette que le label londonien Far Out Recordings serait sur les rangs! Qui sait, avec un disque on aurait peut-être une chance de les voir sur scène pas loin de chez nous et à ce qu'on peut en voir sur Youtube ça à l'air d'envoyer sévère comme avec ce Fuego Policia, notre troisième titre préféré de cet album, qui nous rappelle aux bons souvenirs de la Blaxploitation...




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