jeudi 25 mai 2017

#Onceaweek 0038 by Tutu Au Mic

crédit: Marcelo Maragni

Tutu Au Mic, pointu aux platines! Activiste de la planète H.I.P.H.O.P. depuis une bonne vingtaine d'années, le vannetais répand les bonnes vibes du break dans toutes les contrées, appuyé par des institutions de l'underground telles Street Makerz, UrbanK10 ou Cut&Coffee, là où on a d'ailleurs croisé Tutu pour la première fois avec le classique "Work it out", toujours dispo en free dl au passage. Alors mets ton survet' vintage, tes sneakers collectors et viens te désarticuler les membres sur ce mix exclusif! Si tu es rappeur sache que Tutu Au Mic t'ouvre ses "Fonds de tiroirs" pour que tu poses tes mots dessus: n'hésite pas!

Tutu au Mic - Bboy depuis 1998 reconverti dans le beatmaking depuis 3 ans - fait de la musique surtout par passion. Du bon vieux boombap classic à la trap moderne, il n'en oublie pas moins ses origines, le Funky Break. Pour ce #OnceaWeek, il vous fait découvrir ses propres compositions dont certains tracks ont déjà été joués par les plus grosses DJ battles bboying renommées.

Le mix de Tutu Au Mic:


La playlist:
1. Natural Flavor
2. Bboys Bgirls
3. AfroNinja
4. Work It Out
5. Allan
6. OBbD 3
7. Bwice Beat

Tous les titres sont à télécharger là: https://soundcloud.com/lbl-records/sets/tutu-au-mics-exclusive-breakbeats

TUTU AU MIC

mardi 23 mai 2017

Dans les bacs du bar@disques #36


Quand tu es au 36ème dessous, Le bar@disques a le bon remède: une galette et au dancefloor! Disquaire itinérant sur Nantes et ailleurs, Christian tient sa baraque à bacs comme on tient une bonne cave: plaisirs variés, connaissance des produits, amour des artistes, don du récit. Sur le marché de Talensac, à l'Alter Café, sur Discogs ou partout où peuvent le porter les bonnes ondes musicales, il fera rougir de plaisir les diamants de vos platines! 

A l’instar de 2 Many DJ's et des Glimmers, les écossais d’Optimo sont adeptes de la partouze sonore iconoclaste. Ces érudits réécrivent l'histoire du psychédélisme en carambolant tous les styles contaminés dans une vaste odyssée à l’allure disparate mais incroyablement convaincante. Dispo en 2LP dans les bacs du bar.


Comme un bonheur n'arrive jamais seul, notre collaboration avec Le bar@disques va vous permettre, à vous lecteurs assidus (ou occasionnels, du coup ça fonctionne aussi) du blog, de bénéficier d'une remise exceptionnelle de 20% sur votre première commande passée auprès de ce cher Christian. Pour cela, rien de plus simple: utiliser le code promo "BAD17" et mentionner Free&Legal au moment de passer à la caisse (faites le par message privé si c'est sur Facebook, merci d'avance).
 
Le bar@disques 
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lundi 22 mai 2017

Dans les mines de #Onceamonth - F&L fait son Petit Bazar Electro

crédit: Back in USSR

Le Petit Bazar Electro d'Alex tous les dimanche en direct sur Sun FM à Nantes (93FM) et partout ailleurs dans l'univers sur lesonunique.com, c'est un peu le père géniteur de ce blog, son essence spirituelle, son ouvreur de chakras. Régulièrement on squatte la playlist (voire les studios mais c'est plus rare) avec des sélections 100% free download...

Quand je n'arrive pas à caser une pépite, pourtant pré-sélectionnée avec soin, dans un #onceamonth, je suis d'abord triste et puis je la mets de côté pour un gars qui saura quoi en faire, ce gars c'est Alex, son truc c'est Le Petit Bazar Electro! Moi et mes pépites on lui dit merci d'avoir fait émerger ce joyeux kolkhoze musical!

Le podcast:


La playlist:
01. Cee-Roo - Music fills your soul
02. Christiana - Lights (Manosjmt remix)
03. Childish Gambino - Terrified (Zikomo remix) 
04. Mashup Superstars - Dr Dre x Michel Berger - The next groupie 
05. Zion I - Supreme (Deejay Irie light my fire remix)
06. TwonDon - Supreme feat. JAG
07. Kool Keith - Super hero feat/ MF Doom (L'Orange remix)*
08. Grimy Styles - Disteria
09. D.R. Hooker - Forge your own chains (James Monkes re-edit)
10. Pep - Farm funk
11. Rag'n'Bone Man - Human (Jo Manji remix)
12. Lafa Taylor & Aabo - Turn my music (Examag remix)
13. William Onyeabor - Good name by Joakim feat. Akwetey
14. Action Bronson - Dealer plates Harry Fraud prod
15. Cee-Roo - Tape dance
16. DJ Nu-Mark - Zodiac tracks : Capricorn
17. Thomas Fontana - Carry on

Get the tracks!


samedi 20 mai 2017

METEOR CRATES #5 by KEOR METEOR

crédit: Richard Powers

"Meteor Crates" c'est un long voyage musical dans les profondeurs de la collection du plus américain des beatmakers français: Keor Meteor. Une odyssée sans fin durant laquelle les styles et les époques s'entrechoquent comme des météorites sur une planète très très lointaine, nous aspirant dans un trou noir tournant sur lui-même comme un vinyle sur ta platine. C'est beau, enivrant, à la fois dépaysant et mystérieusement rassurant car parsemé de madeleines filantes qu'on a déjà croisées au fil de nos escapades dans l'univers samplé du hip hop. Bon voyage intersidéral à tous!

Épisodes précédents


"Mais arrête de te faire des films, vieux!" La querelle entre le lieutenant Keor et le capitaine Whosampled n'en finissait plus de pourrir l'ambiance à bord de l'Enterprise Millenium. Même vous, chers lecteurs, devez être fatigués de cette intrigue sans fin ; non? tant mieux alors! Cette fois le ton était monté parce que le capitaine accusait le lieutenant de ne pas dire tout ce qu'il savait sur l'expédition, et trouvais fort suspect que la plupart des étoiles explorées lui étaient dédiées et que lui, malgré son travail titanesque depuis des décennies de recensement et d'archivage des samples les plus obscurs de l'art du sampling devait se contenter de quelques miettes. "Vous nous devez des explications! Lors de la dernière sortie pas moins de 4 étoiles avaient été utilisées par ce Keor Meteor que vous seul sembler connaître ici, et, sans parler de la coïncidence patronymique, vous nous ramenez votre poupée psyché... Barbababa, là! Que nous cachez-vous lieutenant?" Whosampled était violacé par la colère; la haine habitait son regard. Flegmatique, le lieutenant Keor ne fit rien pour calmer l'ire de son supérieur: "Barbarella... c'est sans nul doute un joli coup du destin des sentiments, mais vous savez je n'ai jamais été l'homme d'une seule femme et il se pourrait bien que Dj Cupidon nous fasse retrouver d'autres anciennes conquêtes. Par ailleurs, je ne pense pas qu'un homme aussi cultivé que vous puisse sombrer dans la théorie du complot si facilement... ce n'est quand même pas ça qui vous met dans cet état, captain'?" fit-il, l'air malicieux qui le caractérise dans ces moments-là, en montrant son collier en forme de... pyramide. "C'est un cadeau de ce bon vieux Imhotep... le dj hein, pas le pharaon ; je ne suis pas si vieux! Il est devenu ambassadeur de la musique à l'UNESCHIPHOP je crois ce vieux fada!"*. Soucieux de ne pas envenimer la situation je proposais à Keor de rester à bord lors de la mission et dû détendre Whosampled avec un extrait d'Endtroducing de Dj Shadow avant de prendre place dans le module.

Plongés dans l'obscurité de la cabine, confortablement installés dans les fauteuils pourpres, le volume poussé à fond qui couvrait à peine le bruit de la ventilation qui rappelait celui d'une Kineton d'occasion récupérée au palais du festival de Cannes, nous étions déjà, Whosampled et moi, dans une ambiance cinématique... il ne nous manquait que la bande originale de ce film qui n'existait pas et qui allait s'écrire sous nos yeux, au hasard des étoiles rencontrées. On peut dire que ça commençait fort avec ce titre extrait de la BO du film Goodbye Gemini (aussi connu sous le nom de Twinsanity... tout un programme) réalisé en 1970 par Alan Gibson pour dépeindre un swinging London orgiesque et malsain ; "Forget about the day and forget about the night" tout ce dont avait besoin le capitaine, qui se plut à me signaler que les Foreign Beggars avaient jadis utilisé un des morceaux de cette bande-son dans les prophéties du trou noir... tout un programme! C'est entre rêve et réalité que nous abordâmes alors la seconde étoile... recouverte de blé mur à point et dans laquelle une silhouette angélique semblait jouer à cache-à-cache avec nous. "Mais c'est Claudine!" Le capitaine m'arrachait la manche des mains et se posa pour voir de plus près celle qu'il croyait avoir reconnu. "Claudine! Claudine Longet! Est-ce bien vous?" Depuis la capsule d'exploration voir Whosampled courir désespérément après cette silhouette tout doit sortie d'un film nouvelle vague à la Truffaut-Godard me chagrina et j'espérai de tout cœur qu'il ne la rattraperai jamais, car, alors qu'il était concentré sur les commandes pour réussir son atterrissage, j'avais pu lire le message qui ornait la robe noire de la dite Claudine: "I Love Keor!". De retour à bord, essoufflé mais souriant, Whosampled me parla longtemps de cette icône de french touch période pop art "Quelle beauté, quelle classe la Claudine! C'est autre chose que la poupée gonflable du lieutenant n'est-ce pas?" Il avait la rancune tenace, heureusement pour tout le monde l'aveuglement de l'amour opérait parfaitement. 

On bascula dans une autre dimension après la découverte du Twilight Zone du mythique Dr. John, formidable remède à l'angoisse de la réalité qui troubla profondément le reste du voyage où l'on vit, pêle-mêle et sans être vraiment sûrs de rien: une course poursuite frénétique dans les rues du ghetto newyorkais aux côtés de Sonny Carson sur la musique de C.T. Perkinson, combo éminemment sacré chez les rappeurs intellos de la Grosse Pomme; une parfaite Christine McVie se prendre pour Emmanuelle dans son célèbre fauteuil en rotin, à quelques sillons duquel bougeaient les têtes un peu floues (c'est le bon album mais pas la même piste) de Earl Sweatshirt, Mos Def, 50 Cent, Snoop Dog et j'en passe! Eddie Clearwater comme réponse impossible à Devine qui vient swinguer ce soir? et enfin - surtout? - un improbable Lee Van Cleef grimé en John Rambo, ayant troqué les villages fantômes du Grand Canyon pour la jungle humide du Triangle d'Or et le colt à la ceinture par une mitrailleuse aussi lourde que lui en bandoulière, le tout sur une musique de chevelus aux synthé 80's... De l'action, de l'érotisme, du mystère et de l'humour subtil, on avait vécu une bonne - mais étrange - séance de ciné!

Pliés en quatre à l'écoute de notre récit sans queue ni tête, nos compagnons d'expéditions voulurent à leur tour se refaire les œuvres inscrites au Panthéon cinématographique de la planète H.I.P.H.O.P.: Western Spaghetti, Blaxploitation, Mafiosi, Ninjas contre Moines Shaolin, etc... tous les genres cultes y passèrent, chacun se lançant dans le jeu du "kikasamplé" et du "danskelfilmtentencetteréplik"... Une longue séance qui eut le mérite de nous occuper un bon bout de temps - je vous rappelle qu'on s'ennuie souvent à bord - et de faire oublier leur querelle à  Keor et Whosampled qui pensaient chacun de leur côté à la Claudine. Moi, je ne remettais pas - ça me le fait à chaque fois - de la beauté brûlante de Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l'ouest, désespérant de n'avoir jamais appris l'harmonica pour espérer la séduire, même en rêve!

à suivre...

*pour comprendre cette anecdote, il faut vous jeter sur le 1er épisode - puis les autres - de la série Beatmakers réalisée par David Commeillas et Samuel Hirsch de Clique.tv pour Arte Radio, consacré à Imhotep et aux samples du morceau L'école du micro d'argent. Indispensable.

Meteor Crates #5:


Tracklist #5:
(1970-Goodby Gemini OST) whosampled
(1970-Run Wild, Run Free) whosampled km
(1969-Babylon) whosampled
(1974-The Education of Sonny Carson OST) whosampled
(1970-Christine Perfect) whosampled
(1981-Two Times Nine)
(1984-Code Name Wildgeese OST) whosampled



jeudi 18 mai 2017

#Onceaweek 0037 by Henri-Bernard Musso


Qui voici voilà? Ce cher Henri-Bernard Musso est de retour pour la 4è fois et sa 3è spéciale. Comme il est un peu fâché avec les règles et les consignes il a feint de mal comprendre et playlisté 21 titres dédiés à l'immense Notorious B.I.G, disparu il y a tout juste 20 ans, à 23 ans et millionnaire, comme l'avait prédit celui qui le sortit définitivement de la rue, son mentor Puff Daddy... 3 ans auparavant! HBM lui taille le portrait à sa manière... Cet iconoclaste de papier glaçant, terreur des scribouillards ultra-médiatiques et auquel les écrivaillons en manque de reconnaissance délivrent un véritable culte occulte, viendra de temps à autre nous apporter ses lumières musicales et nous parler d'autres choses si ça l'enchante. Chantre de son bon goût et des mauvaises manières, HBM a la plume acérée: les gouttes d'encre peuvent tomber! 

La mixouille pour accompagner la lecture:


«  NOTORIOUS BIG : LE KING DE NEW YORK »

Rencontre avec Pascal le taxi, et Jordan, le king de Courcy dans la Marne.

17 heures zéro quatre. 14 avril 2017. Direction Reims.

Sacrebleu, nous étions foutrement en avance pour le meeting du Petit. Le chauffeur du taxi fonçait sur l'A4. La radio crachait du Hip Hop East Coast. J'en avais écouté chez Lolo Garnier la veille au soir, en sortant du flore. Les enceintes tremblaient. Notre chauffeur en baskets américaines et baggy s’appelait Pascal. En souriant, il rajouta: « Comme le grand frère ». Ma cantatrice squelettique et Moi-même-Personnellement-Je étions attendus à Reims pour le meeting du nouveau chouchou des Français de Gauche, de centre droit, du milieu: Emmanuel Macron. Sa femme ressemblait à la mienne, mais en plus vieille.

- Je vous reconnais. C'est vous le mec qui fait de la philo, à la téloche on vous voit, avec la tarte à la crème et tout ça. Moi, la politique de toute façon ça m'emmerde! Mais bon, si ça peut changer quelque chose à tout ce merdier, cria Pascal.
- Je ne vous entends pas mon cher ami! Ma femme dormait depuis Paris. Chanceuse, elle avait mis ses boulquies.
- Pardon, gueula-t-il.
- Le son! Je lui fis le geste de baisser.
Il baissa de suite le volume.
- Désolé m'sieurs dames! Dès que c'est Notorious Big, je me contrôle plus. J'peux pas m'empêcher de foutre à balle. Faut que ça crache! J'adore putain, j'adore! Je kiffe grave ce son de la grosse pomme, gros. Ça et Tupac! Tu connais un peu ou bien?
- Euh, je... Pas du tout! Enfin un peu...
- Si, si, c'est obligé que tu vois qui c'est le type, quoi! Un gros blackos avec une couronne sur la tête, qui s'est pris deux bastos dans le bide. Ça te parle ou pas? Si, quand même... Non?
- Euh non... Mais ça m'intéresse... Pour mes chroniques pour les jeunes Macroniens. Je suis un humaniste, j'aime être en phase avec les autres, avec mon temps. Je m'interroge sur tout, tout le temps. Je me nourris du contingent. C'est à la mode le Rap en plus.
- Ouais ouais si tu le dis... Enfin, à la mode, t'es pas ouf dans ta caboche toi! Excuse mon langage, mais le Rap, c'est comme le gras garçon, c'est la vie putain, dit-il en ajoutant un clin d’œil malicieux. Ça te dit qu'on s'arrête prendre une bière chez mon couse? Il est grave fan de hip-hop. Il connaît Big Poppa sur le bout des doigts en plus.
- Pourquoi pas, musicalement et humainement tout est investigation dans ma vie.

18h32.
Nous déposâmes Arielle à l'hôtel de ville de Reims. Le meeting commençait à 20h. Nous avions 1h30 devant nous. J'aimais le style de Pascal, il me faisait rire. Son atypisme faisait chaud au cœur.

- T'inquiètes, je te le ramène pour 20h pile poil ton mari, dit-il en s'adressant à ma femme. Le reste de la course c'est pour Bibie. On va aller voir le Jordan, il est super sympa tu verras. Tu verrais l'artiste. On dirait un mec du Bronx. Il est super cool. Il rappe en continu.

18h45. Nous arrivâmes à Courcy, en périphérie de Reims, devant une maisonnette de bric et de broc. Une voiture tunée trônait dans la cour. Une niche en bois avec un toit en forme de couronne de princesse était posée au pied de l'escalier. Un gros Notorious était peint à la bombe sur le côté. Pascal mit un coup de frein à main. Les gravillons volèrent dans l'air. Il rajouta son éternel clin d’œil. J'aimais vraiment bien Pascal. Il était fou. La porte de la maisonnette s'ouvrit d'un coup. Un gringalet géant avec casquette immense, baskets de sport et chaînes en or autour du coup arriva en courant, suivit d'un chien agressif.
- Notorious, tu rentres à la maison! Notorious, putain!
- Hé! Ma caille, ça va? lui balança Pascal.
- Tranquille! Et toi face de cul? Et lui, c'est qui?
- Un ami, fan de hip-hop. Tu paies ta binouse?
- You're welcome les Bro'! Viendez à la cave. Tu vas voir, j'ai refait toute la déco! Ça déchire.

Nous arrivâmes dans une sorte de trou noir, une cave incroyable, la caverne d'Ali Baba. Un mausolée sur-éclairé à la gloire du rappeur afro-américain à couronne. Jordan était un être sublime. Il ne parlait pas, il rappait.

- Notorious Big, c'est ma came, depuis tout petit. Il s'est fait fracasse en 97, dégoutté. Trop de talent. 20 ans qu'il est mort, 20 piges putain! Ready To Die, son premier album c'est un bijou, un putain de bijou. Imagine, il a juste rappé pendant 6 ans, de 91 à 97, et c'est devenu une pointure direct, un mythe. Mais ils lui ont tiré dans le bide à L.A, ces connard de la West Coast, petites salopes, beh ouais, trop de rivalités, trop de talent le type... Écoute ça ma poule, c'est ouf!
Un titre puissant arriva à mes oreilles. Les basses frappaient fort, la batterie était judicieuse, et la voix était posée à merveille. Gutturale et césurée, elle semblait sortie d'une caverne de Harlem. J'aimais vraiment. C'était assez bizarre comme sensation. Ça me changeait de Bashung ou de Pierre Boulez et Steve Reich.
- Après t'as Life After Death, alors là c'est la claque! Un disque de diamant gros, direct! Un bijou putain de merde! Et regarde moi cette gueule, beugla Jordan, la larme au coin de l’œil.
Jordan dirigea son index vers une peinture géante de rappeur posée contre un des murs du fond. Il me tendit une Kronembourg direct à la canette. C'était charmant, incongru. Ils enfumèrent le terrier avec leurs cigarettes roulées. Jordan était possédé.
- Le Big Poppa c'était un putain de producteur, un rappeur de ouf, politisé à balle, oldschool à mort le type. Moi je suis le king de Courcy, mais lui mon pote, c'était le king de New York. Il est mort à 24 piges, imagine s'il était encore là. Fulgurant, incroyable. Je connais son taf de bad boy sur le bout des doigts. Je collectionne tout. T'as vu le merdier ici. C'est ma pièce à moi. J'ai des tee-shirts, des cassettes audio, des vinyls, des skeuds, de la face B, du live, du bootleg... Tu veux bédaves un peu ou pas? On se met tranquille en écoutant le Christopher, ça le fait?
- Pourquoi pas oui? Bédave?

Trou noir.
Ensuite, je me souviens avoir tiré deux ou trois bouffées sur leur cigarette, et puis... Le son envahit mon corps. J'avais une couronne sur la tête, un micro dans la main. J'étais à Brooklyn, avec Dj Pascal et MC Jordan. La cave tournoyait. Je caressais Notorious le chien. Il était gentil, comme Snoopy. Biggie Smalls m'embrassa sur la bouche, Christopher George Latore Wallace me signa un autographe, rechargea son gun. Jordan enchaînait lesjoints en dansant, Pascal, les cannettes... Nasty boys, Hypnotize, One more chance... Ça rappait dans tous les coins. Je vomis sur mon chèche. 19H45. Pascal et Jordan me montèrent dans la bagnole.
- T'es un gangsta HBM, un gangsta! Tu repasses quand tu veux! Allez file !

22h45. A l'ouest coast, je me réveillai groggy sur les marches de l'hôtel de ville de Reims. Arielle faisait la gueule. Au retour, ce fut Jean-René qui nous ramena dans son taxi, pas Pascal, comme le grand frère. Je me fis un clin d’œil à moi-même. En rentrant dans notre appartement du 16ème, je me jetai sur Youtube en écoutant en boucle le grand, le gros, le géant NOTORIOUS BIG. En boucle, en gun, en beats, en couronne...

Ce mix à la sauce hexagonale sur le blog Free&Legal est donc pour vous les gangstas. Mon plaisir deviendra le vôtre, je l'espère. Ne me remerciez pas, remerciez NOTORIOUS BIG même si mon humanisme et ma plume montre ma dévotion à votre égard chers lecteurs. Tout comme Pascal et Jordan, je suis une chance, un mélomane, profitez-en, et ruez-vous sur les galettes des années 90 estampillées Bad boy Records. Vous ne serez pas déçus.

Littéralement, philosophiquement et musicalement.

HBM, philosophe, reporter et bloggeur militant.


La playlist:
019. Biggie vs ATCQ - Check the Bullshit*

*apupourlemoment

HENRI-BERNARD MUSSO

mardi 16 mai 2017

Dans les bacs du bar@disques #35


L'été arrive, il sera soul et latin: le bar@disque, 35è! Disquaire itinérant sur Nantes et ailleurs, Christian tient sa baraque à bacs comme on tient une bonne cave: plaisirs variés, connaissance des produits, amour des artistes, don du récit. Sur le marché de Talensac, à l'Alter Café, sur Discogs ou partout où peuvent le porter les bonnes ondes musicales, il fera rougir de plaisir les diamants de vos platines!

L’immigration latino massive que connaît New-York dans les années 50 et 60 va marquer à tout jamais l’histoire de la musique américaine en faisant fusionner la soul et le latin jazz. Véritable phénomène musical et social, ce style novateur renvoie une image de métissage et d’inclusion au son de rythmes enivrants. Le label Jazzman rend hommage au travers d’un joli coffret de trois 45t, à cette scène virevoltante. Dance The Latin Soul est dispo dans les bacs du bar.


Comme un bonheur n'arrive jamais seul, notre collaboration avec Le bar@disques va vous permettre, à vous lecteurs assidus (ou occasionnels, du coup ça fonctionne aussi) du blog, de bénéficier d'une remise exceptionnelle de 20% sur votre première commande passée auprès de ce cher Christian. Pour cela, rien de plus simple: utiliser le code promo "BAD17" et mentionner Free&Legal au moment de passer à la caisse (faites le par message privé si c'est sur Facebook, merci d'avance).
 
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jeudi 11 mai 2017

#Onceaweek 0036 by Moar

crédit: Herbie Hancock par Francis Wolff (1971)

#Onceaweek n'en finit plus de grandir! Record de lectures sur Mixcloud, ribambelle d'invités et planning rempli jusqu'à la fin de l'année civile: chaque jour,  le rêve d'imposer ce show musical comme l'un des shows incontournables du web musical prend forme... et ce n'est certainement avec Moar qu'il n'y aura plus d'espoir! Moar c'est un pilier de la scène musicale nantaise, depuis près d'un quart de siècle il officie en tant que dj et beatmaker résolument hip hop qui s'oriente aussi désormais vers la house et les musiques électroniques sous les alias de Jay Airiness ou de Venice Beach.Fondu de groove, il est aussi producteur et directeur artistique du label Trad Vibe Records où il travaille pour Cortex, Kohndo, Dj Cam, Raashan Ahmad ou Goodka. Collectionneur de galettes noires depuis son plus jeune âge, il joue les pépites qu'il déniche dans l'émission mensuelle "Free Your Mind" sur Radio Meuh. Black music et sampleurs à pads sont les deux mamelles de Moar qui nous fait l'immense privilège et honneur de mixer sept de ses fameux remixes totalement groove: bon Funky Thursday à tous!

Free&Legal: 7 tracks mix by Moar.
Tous ces titres ont été un jour en free download sur ma page soundcloud²!

Le mix de Moar:


La playlist:
1. Sean Price - Onion Head (Moar Tribute Remix)
2. Raashan Ahmad - I Am feat Rita J & Moe Pope (Moar Remix)²
3. Rob O - Wunderlust (Moar Remix)²
4. Moar - Pere & Fils (2nd Round)²
5. Lord Of The Underground - Tic Toc (Moar SP1200 Remix)
6. Moar - Basse Trouble (Beastie Boys Version)²
7. Moar - Rappers (Vienna) Delight

²Certains titres ont été supprimés par la patrouille mais comme Moar est généreux il vous a concocté un petit dossier pour récupérer ses sept boules de cristal! LA!


MOAR